OM – Atlético / L’avant-match

Ce soir en finale de Ligue Europa, l’Atletico Madrid part favori contre l’Olympique de Marseille. Mais l’OM possède les atouts pour remporter un nouveau titre européen. Notre analyse.

 

Certains pourraient dire que c’est un duel de dauphins ; ou presque. L’Atletico Madrid va vraisemblablement terminer la Liga deuxième, derrière un FC Barcelone quasi invincible. L’Olympique de Marseille, lui, a encore 1 match à gagner pour peut-être espérer finir second de Ligue 1 derrière l’intouchable PSG. Sauf que cette 9e finale de l’histoire de la Ligue Europa oppose plutôt 2 requins, voraces. Et ils ont faim d’un titre européen.

 

Le plus gros des 2 est l’Atletico : 9 finales européennes, 5 sur les 10 dernières années, dont 4 sous la seule baguette du magicien Diego Simeone ! On écarquille les yeux : l’argentin a mené Madrid à 2 finales de Ligue des Champions et 2 de Ligue Europa en moins de 7 ans. On parle ici de l’un des meilleurs coachs de la planète, certainement le plus grand meneur de vestiaire en ce moment. Face à lui, Rudi Garcia n’est pas un novice : il réalise de très belles choses partout où il passe : actuellement à l’OM, mais auparavant à l’AS Rome, au LOSC, au DFCO ou au Mans. Les finales européennes, il connaît moins, mais la ville de Marseille à ses habitudes dans le domaine : 4 finales dans son histoire. Pour 3 échecs (91 Étoile rouge – 99 Parme – 2004 Valence) et une victoire. Et laquelle : en 93 en Ligue des Champions contre le grand Milan AC. Seul titre européen d’un club français. L’OM peut donc ce soir être seul club de l’hexagone deux fois champion d’Europe.

 

Ne nous voilons pas la face : ce sera compliqué

 

L’Atletico est une muraille. Au sens propre (les joueurs donnent tout à chaque match, c’est l’effet Simeone) comme au sens figuré (en Liga c’est de loin la meilleure défense avec seulement 20 buts pris en 37 matchs, soit une moyenne d’1 but encaissé tous les 2 matchs!). Il y a des internationaux de haut vol avec Oblak, Filipe Luis, Diego Godín, Saúl, Koke, Gabi, Diego Costa, Antoine Griezmann, Fernando Torres, etc. L’Atletico, a la différence de Chelsea par exemple, ne se cantonne pas à aligner presque exclusivement des joueurs de devoirs et d’équipe (exceptés Hazard & Willian ici) ;  à chaque ligne leurs sont alliés des talents et solistes. Ainsi il y a Diego Costa le bulldozer & Antoine Griezmann l’artiste devant. Au milieu ce sont Partey-Gabi à l’abattage & Koke-Saul a la création. Idem avec notamment les fidèles Godín-Juanfran-Filipe Luis & les talentueux Savic et Giménez  pour l’arrière garde. Dernier rempart : Oblak, le slovène considéré ni plus ni moins comme l’un des meilleurs du monde. A la lecture de ces noms, on l’aura compris, l’expérience des grands matchs et du très haut niveau appartient à l’Atletico.

 

Pourtant, l’OM a des arguments à faire valoir 

 

L’OM lui oppose premièrement sa jeunesse, sa fougue et son insouciance. Le quart et la demie retours de Ligue Europa en sont l’exemple-type. Qui sont les anciens ? Mandanda, Luiz Gustavo, Adil Rami et Dimitri Payet… tous des joueurs chevronnés internationaux. Le reste de l’effectif est soit fait de minots ou jeunes revanchards (Sarr, Amavi, Sanson, Anguissa, Lopez, Njie, Thauvin, Ocampos) soit de doublures avec de la bouteille et la capacité/fiabilité de bonifier un match voire plus (Pelé, Rolando, Sakai, Sertic, Germain ou Mitroglou). Cette jeunesse et ces joueurs revanchards ont finalement moins à perdre que les expérimentés madrilènes. Il faudra emballer le match, car là réside aussi la force phocéenne.

 

Ce qui nous amène au second argument, et non des moindres : l’OM va jouer comme à domicile à Lyon. La ferveur du peuple marseillais et plus vastement français va porter les joueurs dans le stade d’une part. En plus, Simeone ne pourra pas être sur son banc. D’autre part, l’Atletico a du mal loin de Vicente Calderon cette année : en Liga ils encaissent plus du double de buts à l’extérieur (14, contre 6 pris à domicile). Hors ses murs, la forteresse s’effrite… et à domicile l’OM en Ligue 1 c’est 42 buts !

 

Troisième argument donc en faveur des Olympiens : leur attaque qui peut faire mal aux Espagnols. En Ligue 1, l’OM ce sont 78 buts inscrits en 37 journées, soit en moyenne plus de 2 buts/match ! Il s’agit de la 4e attaque de Ligue Europa ; et Payet est tout simplement le meilleur passeur de la compétition ! On pourrait contredire : Arsenal était la meilleure attaque de Ligue Europa et ils se sont fait sortir par l’Atletico. Oui, mais Arsenal a un jeu de possession et d’attaques placées ; l’OM use plus de verticalité dans ses phases offensives et surtout mettra plus d’impact que les anglais dans les duels. Toute la réflexion de Rudi Garcia réside sûrement là : ce soir faut-il plutôt aligner l’insouciance ou l’intensité ? Sakai ou Sarr ? Mitroglou ou Germain ? Anguissa ou Lopez ? J’opterai pour la 1e option contre l’Atletico.

 

Quatrième et dernière clé du match : le duel de la charnière Rami-Gustavo versus Costa-Griezmann. S’il y a un duo défensif qui épouse bien les caractéristiques de la doublette madrilène, ce sont eux. Il y a un double duel : Rami conte Costa dans sa dimension athlétique voire très physique ; l’intelligence de jeu et de placement de Gustavo face a la vivacité du feu follet Griezmann. Gustavo : on parle d’un grand joueur ancien taulier du milieu du Bayern Munich au début des années 2010 ! Il n’arrive pas de nul part… Il faut donner crédit à Rudi Garcia et son staff d’avoir repositionné le brésilien en défense centrale. Avantage : il a stabilisé toute la defense olympienne. Inconvénient : son absence à la récupération n’a pas réellement été compensée. Si ce duel est remporté par les défenseurs alors l’Atletico – qui marque peu ! – sera limité et peu dangereux ; hormis bien sûr sur coups de pieds arrêtés.

 

Le joueur à suivre

 

Je pense que du match de Luiz Gustavo peut dépendre le résultat de la finale. Côté pile, s’il maîtrise directement Griezmann tout en orchestrant sa défense, voire la pointe basse de son milieu, l’OM a de grandes chances de vaincre. En revanche, si Simeone (on parie?) fait plutôt évoluer Diego Costa dans la zone de Luiz Gustavo pour le provoquer, il est à craindre que le marseillais (connu pour son fort tempérament) sorte de son match, voit vite jaune donc soit piégé, voire -pire- voit rouge… au fait, il n’y a jamais eu d’expulsion en finale de Ligue Europa…

 

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